Compagnie Noir de Fumée
traduction Robert Amutio
Samedi 21 novembre 2026 à 18h

DISTRIBUTION : Mise en scène Sarah Cillaire Parera & Matthias Hejnar – Avec Matthias Hejnar – Conception Scénographie & Création Lumière Sallahdyn Khatir – Création Son Vanessa Court – Costume Charles Chauvet – Assistanat à la mise en scène et dramaturgie Nathaniel Zouiten – Régisseur Clément Chébli
Production
Noir de fumée
Coproduction
Théâtre de Vanves / Scène conventionnée d’intérêt national « Art et création » pour la danse et les écritures contemporaines à travers les arts
Théâtre Le Hublot – Colombes
Avec l’aide à la création
de la DRAC Île-de-France
Avec le soutien
du CENTQUATRE-PARIS,
de Théâtre Ouvert — Centre National des Dramaturgies Contemporaines,
du Théâtre 71 — Scène nationale de Malakoff
& de l’Adami
Adapté du récit :
« El Retorno », extrait du recueil Putas asesinas
Copyright © 2001, Roberto Bolaño
Tous droits réservés
POUR RÉSERVER
LE SPECTACLE :
Victime d’un arrêt cardiaque sur une piste de danse, un homme se voit mourir mais, à sa grande surprise, sa mort s’avère un commencement. Son errance le conduit dans un entre-deux métaphysique, une zone trouble où les frontières entre les vivants et les morts deviennent incertaines. Chez Bolaño, le chemin vers la transcendance s’accompagne d’un sens du grotesque : humour noir, goût du détail, trivialité. Plus l’homme se détache de son cadavre, plus il devient vivant, attentif à tout. À mesure que le monde s’efface autour de lui, son humanité apparaît plus nue, débarrassée des conventions. Ce qui lui arrive excède sa compréhension autant que la nôtre. Pourtant, il semble plus proche de nous maintenant qu’il est mort.
LA COMPAGNIE NOIR DE FUMÉE
Le noir de fumée est un résidu carboné issu d’une combustion incomplète : des particules de charbon que la flamme maintient en suspension, et auxquelles elle doit paradoxalement sa capacité à éclairer. Cette définition ancienne de chimie ouvre une image qui nous accompagne dans notre rapport au théâtre. Le théâtre est peut-être cela : non pas la combustion parfaite d’une idée claire et achevée, mais ce qui naît dans l’écart, dans la friction, dans ce qui brûle sans se résoudre complètement. Les mots, les corps, les récits se consument sur scène et laissent derrière eux des traces, des dépôts sensibles, des images, des sensations qui continuent de flotter après la représentation. Le noir de fumée désigne aussi cette matière paradoxale : noire mais produite par la lumière ; résiduelle mais indispensable à l’éclat de la flamme. Nous y voyons une manière de penser le théâtre : un art qui ne cherche pas à tout rendre transparent mais qui éclaire à partir des zones troubles, des contradictions, des restes, de ce qui échappe. Faire du théâtre, c’est accepter que quelque chose demeure en suspension. Qu’une parole ne se ferme pas totalement. Que le sens se fabrique dans ce qui circule entre les interprètes et les spectateur·ices. Noir de fumée est alors le nom d’une recherche : celle d’un théâtre qui ne prétend pas dissiper l’obscurité, mais faire apparaître, dans la matière même de ce qui brûle, une forme de lumière.
En 2017, Matthias Hejnar rencontre Sarah Cillaire Parera. Lui est acteur, elle dramaturge. Ils découvrent chez l’autre un goût commun pour le travail de la langue, du sens et du jeu. Au fil de plusieurs années de compagnonnage autour d’écritures contemporaines (Fredrik Brattberg, Naomi Wallace, Brigitte Fontaine, Michel Vinaver, Charles Chauvet…), leur collaboration se précise et se transforme en un désir de structure commune, qui conduit Matthias Hejnar à fonder la compagnie Noir de fumée en 2024. La compagnie privilégie les écritures singulières, dérangeantes, qui explorent l’acte de création dans sa dimension transgressive, un moyen d’explorer ce qui ne se dit pas, la scène devenant un hors champ de l’ordre social.
https://www.cienoirdefumee.com
